HISTORIQUE DES PREMIERS FRERES XAVERIENS A KASENGA
 

A.Situation géographique de Kasenga

Kasenga a le statut de cité.

Kasenga est situé dans le territoire de Kasenga, district du Haut- Katanga, province du Katanga, RDC. Il se situe le long de la rivière Lwapula faisant ainsi frontière avec la Zambie. Il compte quelque 25000 habitants sur une superficie de 35 km2. La population locale vit de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage du petit bétail. La population est à majorité pauvre et manque quelquefois de besoins vitaux locaux.

B. Arrivée, installation et premières oeuvres des Frères à Kasenga

Le Frère Xavier y est arrivé seul en décembre 1933 et y a été rejoint par le Frère Julien au mois de juin 1934. Ils y ont été accueillis par les Pères Bénédictins qui y étaient déjà installés depuis 1920. Pour matérialiser leur mission, ces deux frères travailleurs se sont mis à construire et en 1938, il y avait déjà une communauté et deux bâtiments servant d’école primaire,  bâtiments portant le nom de MOERKERKE. En effet, ces deux bâtiments avaient pu être réalisés grâce à la générosité des paroissiens de Moerkerke en Belgique. La première promotion de cette école finit son cycle de D3 vers 1938-1939. Parmi les finalistes de ladite promotion nous citons Mr Paul surnommé KAKONGELA qui était doué d’une intelligence remarquable. En 1940, il y avait quatre frères à Kasenga, mais au cours de la guerre 1939-1945, il était impossible d’envoyer d’autres frères missionnaires au Congo. Après la guerre un grand nombre de frères ont oeuvré à Kasenga. Nous citons les Frères Adrien, Athanase, Benoît, Charles, Chrysostôme, Damien, Denis, Edouard, Emeric, Engelbert, Fabien, Firmin, Gerolf, Godefroid, Hector, Hippolyte, Hubert, Jean, Justin, Léonard, Lucas, Ludovic, Marcel, Tharcise, Walter, Willem… Quant à l’école, les finalistes des trois premières promotions reçurent chacun le diplôme de D3 ; à partir de la quatrième promotion, ce fut le diplôme de D4, correspondant à toute école normale de cette époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

Internat et école primaire - Kasenga

 

C. Autres oeuvres apostoliques

Outre l’enseignement en sections pédagogique, menuiserie, forgerie et l’internat, les frères s’occupaient de la catéchèse, des mouvements kiros, des chorales, des mouvements des jeunes. Pour leur survie, les frères pratiquaient également l’agriculture et l’élevage. Une chose très remarquable c’est que les frères, déjà avant 1960, ont mis sur pied une fanfare nommée Bengali  qui a fait fureur à travers toute la république et qui a servi de référence pour la création d’autres fanfares régionales et inter-régionales. D’après les échos eus sur place, les fruits de nos premiers frères en matière d’éducation ont été bien appréciés ; les effets se font encore sentir jusqu’à nos jours à travers toute la province.

D. Retrait des Frères de Kasenga

Deux raisons ont causé le retrait des Frères de la mission de Kasenga :

·  1. la diminution et la carence de vocations à la vie consacrée.

·  2. La politique menée par le feu président Mobutu, une politique qui consistait à remettre la gestion des écoles et du pouvoir public aux mains des autochtones. Les derniers frères ont quitté Kasenga vers 1975, se repliant tous sur Likasi, laissant sur place, à côté de la maison communautaire, la tombe d’un pionnier de la mission, Frère Xavier.

 

 

RETOUR DES FRERES XAVERIENS A KASENGA


Depuis le départ des frères en 1975, le désir ardent des habitants  de Kasenga était de voir les frères revenir afin de reprendre leur mission qui leur avait rendu d’énormes services. Leur prière quotidienne était orientée dans cette optique. Voilà pourquoi, le nouvel Evêque, Monseigneur Fulgence MUTEBA, étant vraiment sensible aux besoins sociaux de ses brebis, juste une année après son investiture en 2005, entreprit des démarches auprès de notre ancien conseil régional dirigé par le Frère Philippe REVELL. Le Frère Philippe et son conseil, ayant examiné la situation en profondeur, ont émis un avis favorable à ce que nous retournions œuvrer à Kasenga, d’autant plus que cela devait être pour nous une manière de répondre à l’un des appels du chapitre général qui consistait à avoir une option préférentielle pour les pauvres et les marginalisés. De ce fait un processus de discernement a été initié, suivi de deux assemblées générales des Frères Xavériens, de réunions communautaires, de retraites, et de récollections dans le but de préparer un retour très prochain à Kasenga. Chose dite, chose faite. Après un bon moment de discernement, quatre frères ont été choisis comme pionniers de ce grand retour des frères à Kasenga après une bonne trentaine d’années d’absence. Il s’agit des Frères Crispin KIBAO, Ghislain MUKONKOLE, Simon Pierre MUKENGE et Joseph KIBAMBE.

A. Notre arrivée et installation

Les Frères Crispin, Ghislain, Simon Pierre arrivèrent à Kasenga le premier octobre 2009 vers 21 heures. Un bon accueil leur fut réservé à l’Evêché, en l’absence de l’Evêque, par deux Abbés diocésains François MUSUBA et Benoît KILOLO et par deux sœurs religieuses de la Congrégation des Baptistines Dorothée et Daphrose SAFI qui, comme les frères, venaient de retourner à Kasenga pour y poursuivre la mission commencée par leurs aînées. Nous adressons un grand merci à son Excellence Monseigneur l’Evêque, car c’est sur son instruction que nous avons été bénéficiaires d’un tel accueil et d’une telle installation. Arrivés la nuit du premier octobre, le deux octobre déjà, en compagnie de l’abbé diocésain Francois Musuba, les trois frères sont allés à l’école où tout le monde les attendait impatiemment. Ce jour même, il y avait une réunion de prise de contact avec les professeurs du secondaire et les enseignants de l’école primaire, et une visite des classes pour que les frères puissent se rendre compte des réalités qui les attendaient.

 

 

B. Présentation de notre école, le complexe scolaire Cisaniko (primaire et secondaire)

 Institut CisanikoLe complexe scolaire Cisaniko est composé d’une école primaire comprenant douze classes et d’une école secondaire comptant également douze classes. L’école primaire compte de nos jours un effectif de plus ou moins 400 élèves et l’école secondaire en compte quelque 510. Lors de la remise - reprise, nous avons fait le constat suivant :

a.Ecole primaire

·  Les deux bâtiments sont délabrés, l’un manque même de toiture,
·  Manque de matériel didactique,

·  Pas de point d’eau ni de toilettes,

·  Insuffisance criante de bancs,

·  Les cours se donnent en Bemba,

·  Le niveau des élèves est très bas,

·  Paiement difficile des FAP (Frais d’Appoint), communément appelés F.I.P (Frais d’Intervention Ponctuelle),

·  Pas d’uniforme ni de propreté dans la cour,

·  Manque de transparence dans la gestion financière.

b.Ecole secondaire

·  Structure de l’école presque inexistante,

·  Deux bons bâtiments mais avec un nombre insuffisant de bancs,

·  Pas de point d’eau, ce qui empêche l’usage des toilettes récemment réhabilitées,

·  Niveau des élèves très bas,

·  Les enseignants pleins de bonne volonté, mais sans qualification professionelle. Certains sont à l’extension de l’I.S.P. (Institut Supérieur Pédagogique), (mais souvent après l’obtention du diplôme de graduat ils partent ailleurs),

·  Le critère d’âge non respecté pour les élèves ; cela crée un déséquilibre dans les différentes salles de classe.

c.Internat

·  Internat I : déjà réfectionné, mais sans toilettes suffisantes (il y a en a deux seulement), sans table de réfectoire, pas de point d’eau, les serrures se cassent ou bloquent très facilement, la cuisine non équipée (seulement une cuisinière et rien d’autre), un seul drap par lit.

·  Internat II : Non réfectionné jusqu’ici.

 

C. Nos réalisations

·  Reprise de l’administration des deux écoles,

·  Imposition de la discipline,

·  Obligation de parler le français ou l’anglais,

·  Réparation de quelques bancs,

·  Achats de manuels scolaires pour les enseignants,

·  Création de commissions scolaires: financière, culturelle, religieuse, de discipline,

·  Tenue des unités pédagogiques,

·  Tous les frères donnent cours pour s’imprégner des réalités et jauger le niveau des élèves,

·  Mot du matin chaque lundi et chaque vendredi,

·  La congrégation nous a aidés à nous procurer un minimum de matériel didactique, ainsi que dix ordinateurs pour la pratique du cours d’Informatique,

·  Collaboration objective avec les enseignants,

·  Contact avec les anciens élèves des Frères Xavériens,

·  Réunion avec les parents et le comité des parents (e.a. pour fixer le F.I.P),

·  Réorganisation de la gestion de l’école (organisation pédagogique, organisation financière),

·  Remise et reprise des clés de l’internat I.
 

D. Œuvres des Frères en dehors de l’école

Outre toutes ces différentes réalisations, nous, les quatre frères ici à Kasenga, sommes tous présents dans les activités pastorales de la paroisse et du diocèse. Nous essayons d’être proches de la population locale, partageant ainsi leurs joies et leurs peines dans la mesure du possible.
 

E. Les perspectives d’avenir

Eu égard à tout ce qui précède, nous nous sommes fixé les objectifs suivants :

·  Elever le niveau du complexe scolaire CISANIKO,

·  Chercher des voies et moyens pour reconstruire les deux bâtiments de l’école primaire,

·  Equiper les deux écoles (primaire et secondaire) : outillage, matériel didactique, etc.

·  Avoir de l’eau (Régideso et puits), démarche déjà amorcée près de Caritas et de la Regideso , mais cela va à pas de tortue,

·  Construire une grande salle polyvalente,

·  Construire un nouveau bâtiment (pour la section pédagogique et une salle d’informatique),

·  Construire des infrastructures sportives : basketball et volleyball

 


 

F. Remerciement

Nous tenons à remercier Son Excellence Monseigneur Fulgence:

·  Pour sa confiance placée en nous, en nous invitant à revenir travailler dans son diocèse de Kilwa - Kasenga,

·  Pour l’accueil et le logement dont nous avons été bénéficiaires pendant nos premiers mois ici à Kasenga.

·  Pour le souci de l’éducation qui le préoccupe tant, au profit de la population locale de Kasenga, souci qui rejoint le charisme de notre congrégation qui est l’éducation de la jeunesse et le service des pauvres, surtout des plus marginalisés. Nos remerciements vont également tout droit aux différentes communautés religieuses oeuvrant à Kasenga (les Sœurs de la Charité, les Sœurs Salésiennes, les Sœurs Baptistines, les Pères Salésiens) pour leur accueil, encouragement, conseil, soutien,…

Nous leur sommes très reconnaissants. Nous remercions enfin toute notre Congrégation en général, et le Supérieur Général et son conseil en particulier pour leur soutien spirituel, moral et matériel. Nous osons croire qu’avec la grâce de Dieu et le concours de tout le monde nous parviendrons à réaliser notre mission qui n’est autre que celle d’être de vrais témoins du Christ Jésus auprès de cette population locale de Kasenga.

 

Fait à Kasenga, le dimanche 09 mai 2010
FRERES XAVERIENS / Kasenga

 

 

 

 

 

 

 

RETOUR - HOME - TERUG